En quoi le sommeil peut-il réguler la prise de poids? C'est la question que m'a posé Lilou Mace pour Nutrition.fr








- Ecrire un commentaire
Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 08:24
- Voir les commentaires

INVITATION Ateliers de la Narcolepsie 23 janvier 2010 (1)

- Ecrire un commentaire
Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 21:36
- Voir les commentaires

Controverse  
 

Un article paru dans Sleep * sur les rapports supposés entre la dépression de l’adolescent  et les habitudes de sommeil  (coucher trop tardif et temps de sommeil insuffisant) a été repris en boucle dans les médias (Le Monde, Libération, 20 minutes, le Nouvel Obs, les journaux télévisés... ). Le message est simple, faites dormir plus vos adolescents et ils ne déprimeront plus ! Message séduisant car il est malheureusement évident que nos ados ne dorment pas suffisamment, ils ont perdu entre 2 et 3h de sommeil par rapport aux années 1970. Les différentes études de besoin  de sommeil montre qu’il leurs faudrait au minimum 9h par nuit, et ils arrivent péniblement à des valeurs moyennes, en semaine, entre 7 et 8h de sommeil par nuit.


Malheureusement ce ne sont pas les conclusions que l’on peut réellement tirer de l’étude citée qui joue sur une communication raccrocheuse avec un titre digne d’un magasine people : «L’incitation parentale à se coucher plus tôt comme facteur de protection contre la dépression et les idées suicidaires ».


Les fait scientifiques :
Il s’agit d’une enquête auprès d’une cohorte de 15 659 adolescents et de leurs parents (un de leur parent, de préférence la mère). Les adolescents étaient interrogés sur leurs horaires de coucher  en semaine, leur quantité de sommeil, si celle-ci était suffisante, s’ils trouvaient que leurs parents prenaient soin d’eux. La dimension dépressive était évaluée sur une échelle de dépression  (CES-D) et il leurs était demandé s’ils avaient sérieusement pensé au suicide au cours des 12 derniers mois. Les parents précisaient s’il y avait une incitation à se coucher, et à quelle heure. D’autres variables étaient étudiées : sexe, race/ethnie, statut marital des parents, et notion d’aide sociale accordée à la famille.

 

L’étude montre que les adolescents qui se couchent le plus tard (minuit et plus), et qui dorment  peu (5h ou moins) sont plus déprimés que ceux qui se couchent tôt et dorment plus. La dépression est encore plus fréquemment associée si le jeune a le sentiment d’avoir un sommeil insuffisant et s’il pense que ses parents ne prennent pas soin de lui. La dépression est plus fréquente chez les filles, les très jeunes (11- 13 ans), dans les familles monoparentales ou divorcées, et chez celles recevant des aides de l’état. D’une manière intéressante, on constate que les adolescents suivent plutôt bien les consignes de coucher indiquées par les parents (pour plus de 2/3 d’entre eux). La durée de sommeil est évidemment corrélée à l’heure du coucher. Plus celui-ci est tôt,  plus la longueur du sommeil est importante.  La durée moyenne retrouvée est de 7h53.

 

La faiblesse de cette étude réside dans les facteurs explicatifs de la dépression constatée. Certes la dépression est plus fréquente chez ceux qui dorment moins, mais on sait qu’au cours de la dépression le sommeil est perturbé et diminué en quantité. Par ailleurs la population adolescente est une population à risque dépressif. Ainsi la prévalence d’un état dépressif majeur est importante chez l’adolescent ( 7.4% pour les garçons et 13.9% pour les filles  selon Kilpatrick DG en 2003).  Dans l’étude  il est retrouvé 7% de dépression et 13% de jeunes ayant eu des pensées suicidaires. C’est à dire la prévalence habituelle de la dépression dans cette tranche d’âge. S’il y a bien un lien statistique entre les particularités du sommeil et la dépression constatée, il n’a pas  valeur de causalité. Donc cause ou conséquence, la discussion reste entière.

On ne peut pas franchir le pas vers une conclusion qui attribue au manque de sommeil chronique la cause exclusive du syndrome dépressif observé. Qu’il y contribue, peut-être !  Que la restriction de sommeil volontaire en raison d’un manque de rigueur dans l’organisation du temps, de trop d’activités passées devant la télé, l’ordinateur, les consoles de jeux soit préjudiciable à l’attention, et même à l’humeur en entrainant une irritabilité et une labilité émotionnelle, surement. Cependant les effets de la privation de sommeil ne sont pas univoques, elle a des propriétés antidépressives qui sont utilisées en tant que telle comme thérapie chez le déprimé. Donc attention aux conclusions hâtives, séduisantes qui embellissent un discours convenu mais qui ne reposent pas sur une démonstration scientifique. On peut regretter l’engouement des médias qui ont encore plus schématisé les conclusions de l’étude, mais on peut surtout regretter que les relecteurs de la revue Sleep aient manqué de rigueur dans leurs commentaires en laissant passer des conclusions discutables.

 

Néanmoins cette étude apporte des éléments intéressants.  On constate que les parents ont encore une forte influence sur le comportement de leurs enfants qui suivent les consignes indiquées. Si le fait de demander aux adolescents de se coucher plus tôt se traduit par un allongement du sommeil alors il faut fortement inciter les parents à mettre des limites à leurs jeunes, tout en prenant en compte leurs besoins de sommeil (il y a chez les adolescents comme chez les adultes des courts et des longs dormeurs). Ceci est plutôt vécu comme une attention positive des parents envers leurs enfants même si l’on peut imaginer les discussions que cela peut engendrer. L’adolescence reste l’adolescence, avec ses conflits et ses oppositions aux parents qui sont toujours vécus comme les empêcheurs de tourner en rond. L’adolescent a besoin de cette confrontation à la réalité et aux limites imposées pour se structurer.


 

 

* Earlier Parental Set Bedtimes as a Protective Factor Against Depression and Suicidal Ideation

James E. Gangwisch, Lindsay A. Babiss, Dolores Malaspina, J. Blake Turner, Gary K. Zammit, Kelly Posner.

SLEEP 2010;33(1):97-106.

 

 

 


Publié dans : Actualités - Ecrire un commentaire
Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 09:28
- Voir les 1 commentaires



Capture-d-ecran-2009-12-31-a-15.47.30.png

Que 2010 vous apporte santé, bonheur, partage et réussite!
Je vous souhaite plein de nuits douces et reposantes. 

 



Publié dans : Actualités - Ecrire un commentaire
Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /2009 15:48
- Voir les commentaires
Diapositive25.jpg


La lumière est fondamentale à la vie. C’est évident pour les plantes car elle est à l’origine de la photosynthèse ; Son rôle est plus complexe pour les animaux chez lesquels elle apporte le signal fondamental de remise à l’heure de nos horloges biologiques.

Diapositive26

Pourtant, son action n’est pas que bénéfique,  la lumière et plus spécifiquement ses rayons UV ont pour effet de casser les liaisons entre les atomes, et donc d’entrainer des dégâts notamment au niveau de l’ADN.  Le risque de transformation mutagène cancérigène est alors important d’où la nécessité aussi de se protéger des rayons du soleil pour se donner un temps de réparation.


Diapositive27


La lumière n’agit sur la phase de nos rythmes biologiques que lors des transitions, du sommeil à l’éveil , ou de l’éveil au sommeil .  Des travaux initialement réalisés chez le mouton par Lewy ont montré qu’une lumière forte avait pour effet d’entrainer les rythmes de l’animal sous réserve de tomber à certains moments. Czeiler a pu établir que la lumière chez l’homme avait le même type d’effet. 
Dans la soirée et avant le minumum thermique la lumière entraine un retard de phase, alors qu’une lumière forte le matin, après le minimun thermique provoque une avance de phase.
 
Diapositive28

Ainsi une lumière forte le matin  a pour effet d’avancer les horaires de sommeil plus précocement, alors qu’une lumière forte le soir aura un effet inverse.
 

Diapositive29

Pour s’endormir il faut la conjonction de 2 facteurs:

-une pression de sommeil suffisante, directement liée à l’accumulation de substance hypnogène au cours de la journée(essentiellement l’accumulation d’adénosine) qui est éliminée au cour de la nuit (c’est le Process S dans le modèle de régulation de Borbely.).
- La baisse de l’activation circadienne de l’éveil (Process C)

Selon la conjonction entre les 2, l’endormissement se fait plus ou moins tard.
 

  Diapositive30

Diapositive31

La représentation de la nuit a évolué  au cours des époques. Dans la Genèse, comme plus tard dans le Coran, la nuit est le domaine du malfaisant. A l’époque du Moyen Age « le climat d’insécurité rattaché à la nuit favorise la création dans l’imaginaire médiéval d’une vision démoniaque de la nuit : bêtes horribles, incubes, succubes, loups –garous ». A la Renaissance les élites profitent de la nuit grâce à des illuminations et spectacles pyrotechniques alors que l’homme du peuple reste encore très peureux de la période d’obscurité. Au XVIIIe siècle, l’éclairage par lampe à huile, chandeliers, bougeoirs se démocratise, et l’éclairage public se développe. Il prend un essor considérable en 1885 lors de l’arrivée des becs à gaz à incandescence.  A la journée besogneuse s’oppose la nuit ténébreuse et suspecte : dès 21 heures les prostituées racolent les passants, les gueux et les voleurs fomentent leurs mauvais coups dans les cabarets borgnes. Les loisirs nocturnes ne concernent qu’une population très minoritaire.

  (Jean-Noël Berguit – Qu’est-ce que la nuit ? In Méandres, N°8, 2001)
 

 Diapositive32

Le véritable changement arrive avec la découverte de l’électricité. En 1883tout un quartier de New York fut éclairé grâce à l’ampoule électrique que venait d’inventer Edison. Enorme bouleversement. L’homme pouvait grâce à un simple geste passer de l’ombre à la lumière. Et il devenait possible de faire travailler un grand nombre de gens 24h sur 24 . Ce n’était plus le soleil mais les horaires de travail qui allait régler l’activité et le sommeil des gens. Les premières équipes qui ont travaillé en 3x8, travaillaient 56 heures par semaines. Avant les sidérurgistes et les mineurs lors de la première guerre mondiale travaillaient 12h /j, 7 jours par semaines soit 84 heures ( Coleman).Progrès ? Pas évident car le travail de nuit désorganise les rythmes de ceux qui y sont soumis et la médecine du travail identifie plus de risque d’accidents, de maladie cardiovasculaires et même de cancers.

 
Diapositive33

Une étape supplémentaire est franchie avec l’arrivée d’Internet. Débutant dans les années 1990 son utilisation en 2009 concerne le quart de la population mondiale.
 

Diapositive34

Internet , véritable réseau social, a d’abord fasciné les adolescents mais très rapidement il a touché une population plus âgée et même mobilisé  les retraités. Actuellement 60 % des français âgés de 15 à 34 ans utilisent internet tous les jours ou presque dans le cadre de leur temps libre alors que les retraités représentent 7% des utilisateurs quotidiens . Au travers de nos consultations nous voyions peu à peu le comportement de nos patients changer. L’ordinateur remplace ou fait suite au traditionnel film ou émission  à la télévision.

(Pratiques Culturelles 2008, Ministère de la Culture et de la Communication 2009)



Diapositive35
Diapositive36

Le problème est que nos comportements peuvent inverser nos rythmes.
 

Diapositive37

On a montré que chez le rat qui a normalement une activité diurne bimodale (au moment des transitions obscurité/lumière et lumière/obscurité) l'introduction d'une roue dans la cage modifie son comportement, déplaçant l'activité en période nocturne. Le retrait de la roue fait revenir le rat à son comportement initial.
 
Chez l’homme des horaires décalés, voire inversés spontanément (hors travail de nuit) existent, comme on peut le voir sur les horaires de sommeil présentés par cette jeune femme de 22 ans qui s’endort le plus souvent entre 6h et 9h du matin, pour se lever vers 18h. Il s’agit d’une inversion du rythme nycthéméral, comme on peut en voir le plus souvent associé à des troubles de la personnalité qui conduisent à une vie marginale ou asociale (certaines troubles borderline, schizophrènes) ou dans certains mode de vie particulier (artistes, milieu de la pègre, du jeux, réseau de trafiquants, de la drogue ou de la prostitution) 

Diapositive39

La situation crée l’opportunité  du décalage et de vivre dans son temps interne. Au dessus, l’agenda d’une jeune femme qui a préparé l’agrégation en travaillant seule chez elle. On voit que son sommeil se décale au fur et à mesure de son isolement social.

 

 Diapositive40

Un étude des horaires de sommeil des adolescents réalisée en 2005 par l’INSV montre un fort décalage des horaires moyens de coucher et de lever lors des week ends
 

Diapositive41
Pour 19% d'entre eux le décalage des horaires de sommeil entre la semaine et le WE est de 5h ou plus, équivalent au décalage que l'on subit lorsqu'on fait un Paris New-York, avec les mêmes conséquences: fatigue, sentiment de ne pas être dans son assiette, somnolence...

 
Diapositive42

Ces horaires de plus en plus tardifs touchent maintenant les adolescents avec 25% des filles et 31% des garçons qui se couchent après minuit. On voit que ces horaires plus tardifs vont de pairs avec un temps passé important sur les consoles de jeux et les ordinateurs

 

Diapositive43

On a pu montré que les horaires de sommeil évoluent avec l'âge. Le petit enfant est plutôt couche-tôt/lève-tôt, l'adolescent couche-tard/lève-tard, alors qu'avec le vieillissement le sommeil a tendance à survenir plus tôt dans la soirée, et se terminer plus tôt le matin.


Diapositive44

La lumière n’est pas la seule à modifier l’expression des gènes d’horloges. La sérotonine peut jouer le même rôle.  Ainsi, la fluoxétine, produit sérotoninergique,  agit comme la lumière en entrainant des avances ou retard de phase selon le moment d’administration.  Cette stimulation non-photique serait différente chez les animaux diurnes et les animaux nocturnes.

Donc si lumière peut modifier l’expression des gènes d’horloges, elle n’est pas la seule à le faire. Tous les processus  qui modifient la régularisation sérotoninergique des cycles veille- sommeil, peuvent modifier les rythmes biologiques. Il est possible que ce soit par ce biais que la dépression s’accompagne d’importants troubles du rythme veille-sommeil.

 

Diapositive45

Globalement dans notre société et dans les modèles de sociétés industrialisées, on se couche de plus en plus tard, sans obligatoirement se lever beaucoup plus tard, sauf le week-end,  et tout comme l’adolescent. De plus en plus s’affirme  le désir que tout est possible à tout moment du jour et de la nuit… certains souhaiteraient accéder aux services : achat, loisir, et même service public, sans limitation d’horaires. C’est ce qui se fait en Chine où il n’y a guère qu’aux alentours de 3 heures du matin que l’activité grouillante de la ville diminue.  Certaines grandes chaines hôtelières prévoient de faire des chambres sans fenêtres avec des services disponibles 24h/24 où les dormeurs contrôleront eux même la lumière pour être plus proche de leur « temps interne ». Sur le plan professionnel  la mondialisation impose aux entreprises une présence partout dans le monde. Cadres, consultants, dirigeants bougent d’un point  à l’autre de la planète au rythme  des jet lags désynchronisant

 

Diapositive46

 

Allons nous vers une société où tout est possible,  où certains vivront au timing de leurs horloges internes. Ou fonctionneront-ils dans un temps où chaque heure, chaque minute est équivalente à celle qui précède ou qui la suit ?  C’est à dire un temps linéaire où la cyclicité est abolie ? Ce serait se priver du rôle fondamental des systèmes cycliques qui est l’anticipation des tâches, donc l’économie énergétique du système et dans le cas précis du fonctionnement de notre organisme. A rester plus près de la chronobiologie nous fonctionnons dans un système optimal qui nous permet d’être plus en forme. Avec un temps linéaire nous sommes au contraire dans un système qui demande à chaque fois de mobiliser  l’énergie maximale…  Entre dame nature et le maître du monde en quelque sorte… Par ailleurs comment trouver un temps social d’échange, pour que le mot société ait encore un sens. Nous sommes à un moment où une part de la population va évoluer au moins partiellement vers ce rapport au temps qui sera nécessairement très coûteux pour la société, mais sans doute aussi pour l’individu.. Il faut l’anticiper, faudrait-il la prévenir? C’est une question dans l’air du temps à un moment ou certains parlent d’arrêter la croissance pour protéger notre planète….
 

 

 

Diapositive47

Publié dans : Actualités - Ecrire un commentaire
Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /2009 20:44
- Voir les commentaires






Publié dans : Actualités - Ecrire un commentaire
Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /2009 12:10
- Voir les commentaires






Publié dans : Actualités - Ecrire un commentaire
Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /2009 12:09
- Voir les commentaires





Publié dans : Actualités - Ecrire un commentaire
Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 16:02
- Voir les 1 commentaires


“Qu’est notre insomnie, sinon l’obstination maniaque de notre intelligence à manufacturer des pensées, des suites de raisonnements, des syllogismes et des définitions bien à elle, son refus d’abdiquer en faveur de la divine stupidité des yeux clos ou de la sage folie des songes? L’homme qui ne dort pas (…) se refuse plus ou moins consciemment à faire confiance au flot des choses.”



Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien

Publié dans : Actualités - Ecrire un commentaire
Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 11:45
- Voir les 2 commentaires

Chaque personne a ses horaires préférés. Aux extrêmes on distingue des gens du matin et des gens du soir qui représentent  quelques pourcents de la population. Entre ces 2 extrêmes  se trouve l’immense majorité de la population. Le sommeil peut cependant survenir n’importe quand, voire inopinément  si l’on se met en privation de sommeil, car au bout d’un certain temps d’absence de sommeil, le corps réclame impérativement du repos et le sommeil survient à l’insu de la personne. On peut retarder volontairement son coucher jusqu’à certaines limites. La tolérance à la privation de sommeil est très variable selon les individus. Certains ont du mal à tenir 24 heures complètes, d’autres ont une plus grande résistance au sommeil et résistent correctement 3 jours sans trop de souci.




Le record en ce domaine a été réalisé en 1964 par Randy Gardner, un étudiant de 17 ans ,  qui a pu tenir  11 jours et demi sans sommeil,  avec, comme le raconte William Dément, encore de bonnes performances physique et intellectuelles à la fin de la période de privation. Outre  le facteur de résistance au sommeil caractéristique individuelle indéniable, des facteurs motivationnels vont jouer un rôle fondamental. En particulier la notion de danger change considérablement les choses. Ainsi en situation de catastrophe ou lors de course en navigation solitaire, l’individu est capable de mobiliser des ressources et une énergie hors du commun pour lutter contre le sommeil car sa survie en dépend.



Néanmoins lorsqu’on fait des études systématiques sur les fenêtres horaires qui « autorisent » ou pas de s’endormir, plusieurs zones ont été identifiées.  En particulier Strogatz  a repris   un grand nombre d’ étude par manipulation des rythmes veille sommeil que ce soit par  simulations de rythmes ultradiens, d’augmentation de période (rythmes supérieur à 24h ) ou de diminution (rythmes inférieur à 24h) pour en tirer un modélisation intéressante .

Ainsi il a identifié des zones où le sommeil est facilité, voire quasi impératif. La première se situe vers 3h du matin, en fait vers le minimum thermique de l’individu , à cet horaire il est très difficile de lutter contre le sommeil et de rester éveiller. La seconde se situe en milieu de journée et correspond au rythme de la sieste qui est un rythme biologique fondamental même s’il n’est pas toujours exprimé du fait de la répression de la société industrielle. En revanche, il y a des zones d’éveils qui correspondent à des moments où très peu de personnes sont capables de s’endormir et qui se situent en fin de matinée et  peu avant l’heure du coucher habituel et qui peut expliquer le renforcement de difficultés d’endormissement que l’on voit chez certains insomniaques qui cherche à se coucher plus tôt pour « dormir plus ».




Perez Lavie en simulant des rythmes veille-sommeil à cycles courts de 20 minutes a identifié des « portes du sommeil » qui sont des moments de la journée (milieu de journée et milieu de nuit) où la propension du sommeil est la plus forte.





La rotation de la terre autour du soleil induit un rythme lumière-obscurité de 24h. Est-ce la raison de l’existence de l’alternance du l’éveil et du sommeil?




En 1729, Jean-Jacques Dortous de Mairan, un astronome français, constate les feuilles de sensitive présente un rythme d’ouverture et  de fermeture des feuilles en fonction du jour et de la nuit qui persiste lorsque cette plante est maintenue en obscurité constante. Avec cette observation, il est le premier à mettre en évidence le caractère endogène de la rythmicité d’une fonction biologique chez des êtres vivants.



L’étude des rythmes des individus, qu’ils soient plantes, animaux ou hommes, montre qu’en milieu constant, on parle pour l’homme d’isolement temporel,  il existe bien une rythmicité qui persiste, et que chez l’homme elle est dans la plupart des cas un peu supérieure à 24 heures, plus rarement inférieure, en tout cas, rarement égale à… Chaque personne a son rythme spécifique. Les couche tard- lève tard auraient un rythme plutôt supérieur à 24h , alors que ceux du matin auront un rythme plus court.



Ces observations en milieu constant signifient   2 choses : tout d’abord il existe un horloge interne qui commande nos rythmes biologiques,  et que deuxièmement il y a nécessité d’une remise à l’heure de nos horloges internes pour s’adapter à notre environnement et à notre temps social. Cette remise à l’heure s’effectue grâce à la lumière.

 




L’étude des mouches drosophiles a permis de mettre en évidence des gênes d’horloges dès 1971, ce n’est qu’au cours des années 2000 que des mouches matinales et vespérales  ont été décrites, pour finalement trouver des caractéristiques génétiquement déterminés chez les sujets humains du matin ou du soir.  Cette régulation circadienne est complexe avec un polymorphisme des gènes d’horloges (clock, per, cyc, Bmal, mel…), l’environnement pouvant entrainer des modifications de l’action des gènes en particulier par un effet de la lumière qui agit directement sur la formation d’un complexe protéique PER-TIM et donc sur l’activité transcriptionnelle des gènes.

L’intérêt d’avoir une horloge dans le cerveau est de pouvoir programmer certaines actions nécessaires et répétitives : manger, assimiler, se reposer, être attentif… La confrontation au rythme solaire et la particulière sensibilité de nos horloges à la lumière complète le système en adaptant l’horloge à notre environnement.




Il existe également des rythmes annuels. Se situer dans l’année est tout aussi important, tout au moins pour certaines espèces en particulier chez lesquelles la reproduction est annuelle ou biannuelle. La température extérieure  n’est pas un bon paramètre, le champ magnétique, testé et retesté, ne recale pas les rythmes, le seul signal qui est pertinent pour notre organisme,  est la présence de lumière naturelle.  Il apparaît une autre caractéristique fondamentale dans le rôle de la lumière, c’est le moment où elle est reçue plus que la durée totale de l’éclairement qui a un sens pour nos rythmes.



La lumière agit sur notre cerveau par des voies particulières. Elle arrive sur la rétine où son intensité est perçue par les cellules ganglionnaires de la rétine. De là les fibres nerveuses se rendent directement vers une toute petite région de l’hypothalamus, le noyau supra-chiasmatique, véritable horloge interne de notre organisme.

Une seconde structure joue un rôle important, l’épiphyse qui secrète la mélatonine. Des voies indirectes partent de noyau supra chiasmatique pour aller à l’épiphyse, via le ganglion  cervical supérieur. Ainsi la lumière inhibe la sécrétion de mélatonine.

Lorsque la mélatonine est libérée elle agit en retour sur le NSC, et diffuse à tous l’organisme où elle va agir sur les cellules  pour entrainer la synchronisation des rythmes.




Finalement les synchroniseurs, social ou lumineux, agissent sur les horloges hypothalamiques pour remettre les pendules à l’heure;











Publié dans : Actualités - Ecrire un commentaire
Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 14:41
- Voir les commentaires

Trouver un thème

Mes podcasts

 
19/07/08 Europe 1- Michel Cymes

3/03/2008- France Inter- Sylvie Larroca
09/05/08 Europe 1- Faustine Bollaert
14/03/2009- France Bleu- Sommeil et rythme de vie
11/04/2009- France Bleu- Le sommeil des adolescents

18/03/09 RFI- Priorité Santé: Claire Hédon

part 1
part 2
02/05/2009- France Bleu- Sommeil des séniors

Les vidéos:
Magazine de la Santé: Le rêve
HAS: Améliorer le sommeil de la personne âgée
C'est au programme: la dépression saisonnière
Magazine de la santé: la sieste

A quoi sert le sommeil?






Actuellement vous êtes 1.à vouloir en savoir plus sur le sommeil et ses troubles...

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés