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Une équipe américaine dirigée par le professeur Anoop Shankar a étudié les habitudes de sommeil d’un échantillon représentatif de 30000 adultes, Ceux qui ont déclarés dormir moins de cinq heures par nuit (8% de la population) ou plus de neuf heures (9% de l’échantillon) ont plus de risque que les autres de déclarer une maladie cardio-vasculaire.
Les plus exposés sont ceux qui dorment moins de cinq heures et qui ont moins de 60 ans Les chercheurs ont affiné les réponses en fonction des caractéristiques de chacun : âge, sexe, s'ils fumaient ou buvaient, leur poids et s’ils étaient sportifs ou sédentaires.
Mais même en excluant les sujets plus à risque diabétiques, dépressifs, et ceux souffrant d'hypertension artérielle, il persiste ont une corrélation forte entre le risque de maladies cardiovasculaires et un durée de sommeil trop courte ou trop longue.
Mon commentaire sur Europe 1 ce matin:
En pleine migration estivale il est utile de rappeler que la somnolence au volant est un vrai problème de santé publique.
Concernant les accidents du transport des pays industrialisés, on considère que 20%d’entre eux sont attribuables à des endormissements au volant (1,2), les accidents de transports étant en France la première cause de mortalité au travail. La somnolence au volant multiplie par 8 le risque d’accidents ; le syndrome d’apnées du sommeil le multiplie par 6 (3,4). Sur les autoroutes de France, 30 % des accidents seraient liés à la fatigue et à la baisse de vigilance.
5 % de la population présenterait une somnolence excessive. Derrière cette somnolence se cache des maladies (syndrome d’apnées du sommeil, syndrome des jambes sans repos, narcolepsie ou hypersomnie idiopathique) ou elle est associée à des pathologies comme la dépression (46,9% des personnes interrogées dans l’étude de Ford en 1989), avec un risque relatif le plus élevé dans des études récentes de cohorte en population générale (5). Pourtant la cause la plus fréquente de somnolence est la privation de sommeil.
Le besoin de sommeil est spécifique à chaque individu. En partie génétiquement déterminé. il est en moyenne de 7 à 9 h/24h (il varie entre 5h pour les courts dormeurs, à 11 h pour les longs dormeurs). Néanmoins on constate dans tous les pays que la tendance est à la restriction de sommeil. Ainsi les adultes ont perdu environ 1h30 en un demi-siècle.
Lors du départ en vacances, pour traverser la France ou se rendre dans des pays plus lointains, les vacanciers n’hésitent à mettre au point des stratégies différentes pour affronter des temps de conduites qui sont parfois de 15 h à 19h. Certains partent dès que possible pour « profiter » au mieux du temps de vacances. D’autres partent le soir et circulent la nuit pour avoir moins de monde sur la route. D’autres se lèvent très tôt pour quitter les villes sans problèmes… Très rarement le sommeil est pris en compte dans ces choix. Pourtant 3 caractéristiques sont à considérer :
- La durée de sommeil : dormir moins de 5 heures multiplie par 2.7 le risque d’accident
- Le temps d’éveil depuis la dernière période de sommeil, ainsi lorsqu’on est éveillé depuis plus de 17 heures, les réflexes sont autant diminués que lorsqu’on a une alcoolémie de 0,5
g/l

- L’horaire : certains horaires sont plus à risque, ainsi la conduite entre 2 et 5 heures du matin multiplie par 5.6 le risque d’accident.
Certains médicaments en particulier de très nombreux psychotropes (hypnotiques, anxiolytiques, antiépileptiques, antidépresseurs, neuroleptiques, agents dopaminergiques), très utilisés, mais aussi des médicaments contre la douleur ou contre les allergies augmentent la somnolence diurne.
Donc si vous ressentez une somnolence au volant, faites attention, ralentissez, arrêtez vous dès que possible, même si vous êtes très proche de votre destination (pour évaluer votre somnolence, un petit test en ligne, si vous avez un score de 11 ou plus, vous faites parti des sujets à risque). Un fois arrêté et bien stationné, soit vous faites une petite sieste brève de 10 mn dans votre voiture (n’oubliez pas de bien fermer votre voiture !), soit vous prenez un café. L’idéal est de combiner les deux : sieste + café ! Et vous pourrez repartir. A recommencer si la somnolence vous reprend.
Conférence santé organisée le 8 juin à Valence par EOVI avec trois intervenants :
Le débat est animé par Henri SANNIER, journaliste
A l'occasion de la 10 ème journée du sommeil, des conférences et des animations se sont déroulées sur tout le territoire français. Le thème prédominant était le sommeil des séniors.
Ce diaporama fait le point sur l'évolution du sommeil avec l'âge, bouscule quelles idées reçues et apportent des conseils pour toujours garder un bon sommeil.
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Un article paru dans Sleep * sur les rapports supposés entre la dépression de l’adolescent et les habitudes de sommeil (coucher trop tardif et temps de sommeil insuffisant) a été repris en boucle dans les médias (Le Monde, Libération, 20 minutes, le Nouvel Obs, les journaux télévisés... ). Le message est simple, faites dormir plus vos adolescents et ils ne déprimeront plus ! Message séduisant car il est malheureusement évident que nos ados ne dorment pas suffisamment, ils ont perdu entre 2 et 3h de sommeil par rapport aux années 1970. Les différentes études de besoin de sommeil montre qu’il leurs faudrait au minimum 9h par nuit, et ils arrivent péniblement à des valeurs moyennes, en semaine, entre 7 et 8h de sommeil par nuit.
Les fait scientifiques : Il s’agit d’une enquête auprès d’une cohorte de 15 659 adolescents et de leurs parents (un de leur parent, de préférence la mère). Les adolescents
étaient interrogés sur leurs horaires de coucher en semaine, leur quantité de sommeil, si celle-ci était suffisante, s’ils trouvaient que leurs parents prenaient soin d’eux.
La dimension dépressive était évaluée sur une échelle de dépression (CES-D) et il leurs était demandé s’ils avaient sérieusement pensé au suicide au cours des 12 derniers mois.
Les parents précisaient s’il y avait une incitation à se coucher, et à quelle heure. D’autres variables étaient étudiées : sexe, race/ethnie, statut marital des parents, et notion d’aide sociale
accordée à la famille.
L’étude montre que les adolescents qui se couchent le plus tard (minuit et plus), et qui dorment peu (5h ou moins) sont plus déprimés que ceux qui se couchent tôt et dorment plus. La dépression est encore plus fréquemment associée si le jeune a le sentiment d’avoir un sommeil insuffisant et s’il pense que ses parents ne prennent pas soin de lui. La dépression est plus fréquente chez les filles, les très jeunes (11- 13 ans), dans les familles monoparentales ou divorcées, et chez celles recevant des aides de l’état. D’une manière intéressante, on constate que les adolescents suivent plutôt bien les consignes de coucher indiquées par les parents (pour plus de 2/3 d’entre eux). La durée de sommeil est évidemment corrélée à l’heure du coucher. Plus celui-ci est tôt, plus la longueur du sommeil est importante. La durée moyenne retrouvée est de 7h53.
La faiblesse de cette étude réside dans les facteurs explicatifs de la dépression constatée. Certes la
dépression est plus fréquente chez ceux qui dorment moins, mais on sait qu’au cours de la dépression le sommeil est perturbé et diminué en quantité. Par ailleurs la population adolescente est une
population à risque dépressif. Ainsi la prévalence d’un état dépressif majeur est importante chez l’adolescent ( 7.4% pour les garçons et 13.9% pour les filles selon Kilpatrick DG en 2003).
Dans l’étude il est retrouvé 7% de dépression et 13% de jeunes ayant eu des pensées suicidaires. C’est à dire la prévalence habituelle de la dépression dans cette tranche d’âge. S’il
y a bien un lien statistique entre les particularités du sommeil et la dépression constatée, il n’a pas valeur de causalité. Donc cause ou conséquence, la discussion reste
entière.
On ne peut pas franchir le pas vers une conclusion qui attribue au manque de sommeil chronique la cause exclusive du syndrome dépressif observé. Qu’il y contribue, peut-être !
Que la restriction de sommeil volontaire en raison d’un manque de rigueur dans l’organisation du temps, de trop d’activités passées devant la télé, l’ordinateur, les consoles de jeux soit
préjudiciable à l’attention, et même à l’humeur en entrainant une irritabilité et une labilité émotionnelle, surement. Cependant les effets de la privation de sommeil ne sont pas
univoques, elle a des propriétés antidépressives qui sont utilisées en tant que telle comme thérapie chez le déprimé. Donc attention aux conclusions hâtives, séduisantes qui embellissent un
discours convenu mais qui ne reposent pas sur une démonstration scientifique. On peut regretter l’engouement des médias qui ont encore plus schématisé les conclusions de l’étude, mais on peut
surtout regretter que les relecteurs de la revue Sleep aient manqué de rigueur dans leurs commentaires en laissant passer des conclusions discutables.
Néanmoins cette étude apporte des éléments intéressants. On constate que les parents ont encore une forte influence sur le comportement de leurs enfants qui suivent les consignes indiquées. Si le fait de demander aux adolescents de se coucher plus tôt se traduit par un allongement du sommeil alors il faut fortement inciter les parents à mettre des limites à leurs jeunes, tout en prenant en compte leurs besoins de sommeil (il y a chez les adolescents comme chez les adultes des courts et des longs dormeurs). Ceci est plutôt vécu comme une attention positive des parents envers leurs enfants même si l’on peut imaginer les discussions que cela peut engendrer. L’adolescence reste l’adolescence, avec ses conflits et ses oppositions aux parents qui sont toujours vécus comme les empêcheurs de tourner en rond. L’adolescent a besoin de cette confrontation à la réalité et aux limites imposées pour se structurer.
* Earlier Parental Set Bedtimes as a Protective Factor Against Depression and Suicidal Ideation
James E. Gangwisch, Lindsay A. Babiss, Dolores Malaspina, J. Blake Turner, Gary K. Zammit, Kelly Posner.
SLEEP 2010;33(1):97-106.
Le Réseau Morphée
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