Santé des enfants et adolescents en France
(Enquête CNDP/TNS Healthcare – décembre 2007)
Le Conseil National de la Pédiatrie (CNDP) réunit l’ensemble des composantes de la pédiatrie, quelque soit le mode d’exercice : hospitalier, libéral ou salarié, les syndicats, et les
sociétés savantes. Au préalable des 4e Assises Nationales de la Santé de l’Enfant, le 24 janvier 2008, le CNDP a souhaité connaître l’opinion des parents sur la prise en charge de la santé de
leurs enfants par les professionnels de santé.
L’enquête CNDP/TNS Healthcare réalisé en décembre 2007 a inclus 357 mères d’enfants de moins de 18 ans. Il en ressort que 78 % des mères Françaises ont une bonne opinion du suivi des enfants et
des adolescents dans notre société.
Cependant l’enquête souligne le souhait fort des mères à un accès plus facile à des professionnels de santé bien formés à la médecine de l’enfant et de l’adolescent.
6 mères sur 10 estiment par ailleurs qu’un enfant devrait être suivi régulièrement par un professionnels de santé jusqu’à l’âge de 16-17 ans.
Les principales difficultés relevées par les mères sont le suivi irrégulier des jeunes enfants, l’absence de prise en charge spécifique de la santé des adolescents et à tout âge, l'insuffisance
d’information et d'éducation à la santé.
1. Les difficultés rencontrées dans le suivi de leur enfant sont attribuées par les mères à divers facteurs :
-
l’accès parfois difficile à un pédiatre qui est, pour la majorité des mères, la conséquence d’un manque de disponibilité des médecins
spécialisés. Cette notion ressort spontanément à plusieurs reprises dans le cadre de l’enquête. Le délai d’attente pour obtenir une consultation spécialisée est jugé trop long par 23 % des
mères qui ont une mauvaise opinion du suivi. Le manque de médecins spécialisés ou de médecins scolaires est également cité parmi les causes d'un suivi insuffisant des problèmes de
santé. L'existence d'un accès différent selon les régions est soulignée par 14% des mères interrogées.
-
les problèmes financiers jouent également un rôle non négligeable. Pour 14% des mères le manque de moyens financiers constituent la
principale cause du mauvais suivi de certains problèmes de santé des enfants et des adolescents.
2. Les conséquences en sont :
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un diagnostic et une prise en charge parfois trop tardives. La prise en charge trop tardive est relevée par 16 % des mères déclarant
avoir une mauvaise opinion de suivi de la santé de leur enfant. L’origine de ce retard est attribuée à un problème de formation du professionnel de santé ou encore un manque de temps
lors de la consultation. 18 % des mères regrettent la durée trop courte des consultations. Le repérage des troubles précoces de comportement et neuro-sensoriels est au cœur de leurs
préoccupations. Or, pour ces mères, la durée moyenne de consultation (20 minutes) n’est pas compatible avec un dépistage des diverses anomalies psychomotrices et neurosensorielles de leur
enfant.
-
un temps insuffisant consacré à l’information et l’éducation. Cette constatation est vérifiée à tous âges, mais elle semble plus marquée chez
l’adolescent. Ainsi, 16 % des mères estiment qu’il y a un manque d’informations sur les pathologies du grand enfant et de l’adolescent. Les préoccupations des mères diffèrent selon les âges
de leurs enfants:
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Chez les plus jeunes enfants, les problèmes d’allaitement, de diversification alimentaire et de traitements des pathologies aiguës
prédominent avant 2 ans.
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Les troubles nutritionnels et la prévention de l’obésité prennent une grande importance chez les enfants un peu plus âgés.
-
Par la suite, chez les préadolescents et les adolescents, les mères s’inquiètent essentiellement du risque de troubles mentaux, de troubles
du comportement, des conduites addictives, sans toutefois négliger les troubles nutritionnels.
Mais, au-delà de ces différences de préoccupations, il est frappant de voir que les mères expriment de façon insistante une demande de prévention, et ce dès le très jeune âge.
Cette demande de prévention est l’un des enseignements essentiels de l’enquête : pour 63% des mères interrogées, le principal intérêt du suivi par un professionnel de santé est lié à la
prévention et à l’information.
-
Une prise en compte insuffisante des grands problèmes de santé publique : les troubles mentaux, addictifs ou nutritionnels des
adolescents qu’ils considèrent comme une véritable menace pour l’avenir de leur enfant
Quels sont les problèmes les plus préoccupants pour l’avenir des enfants et des adolescents ?
A cet égard, l’analyse des troubles des adolescents prête particulièrement à réflexion. Ainsi, selon les mères interrogées, les problèmes qui doivent être abordés en priorité car ils
menacent le plus la santé des adolescents sont :
Quels sont les troubles de santé les moins bien suivis ? La comparaison des réponses à ces deux questions constitue l’un des autres temps forts de cette enquête.
-
52 % les troubles de l’alimentation et problèmes nutritionnels (obésité, anorexie, surpoids…)
-
40% les troubles mentaux et troubles du comportements (mal-être, dépression, problème scolaire…),
-
47% les conduites addictives (tabac, alcool, ordinateur)
Pour autant, ces troubles sont considérés par les mères comme les problèmes de santé les moins bien suivis chez l’enfant et
l’adolescent.
3. Les solutions proposées par les mères interrogées :
-
des médecins spécialisés plus nombreux et un accès plus égalitaire sur le territoire aux professionnels de santé compétents en
santé de l’enfant et de l’adolescent et une meilleurereconnaissance de leurs misions par les tutelles.
-
une alliance parents-médecins pour la prise en charge de la santé de leurs enfants : parents acteurs de soins, médecins
experts.
Les parents sont prêts à s’investir dans l’éducation. Il est frappant de voir à quel point les mères donnent, dès la préadolescence,
l’avantage à l’éducation et à la prévention. Il est tout aussi frappant de voir à quel point elles sont prêtes à s’investir. En témoignent les réponses de l’enquête : 30 % des mères
interrogées mettent les parents en première ligne pour aborder les problèmes de santé auprès des jeunes. L’information à l’école arrive tout
de suite après, avec 23 % des mères.
L’intérêt d’une consultation médicale dédiée exclusivement à la prévention apparaît également pour 17 % des mères pour un bon moyen d’aborder les problèmes de santé. Les campagnes nationales
renouvelées régulièrement prennent la suite sur la liste, avec 10 % des citations.
À quel âge ? Pour 55 % des mères, la tranche d’âge idéale pour dispenser une information sur les problèmes de santé se situe entre 8 et 12 ans.
Les parents ont le souci de leurs responsabilités. Ils se reconnaissent comme des acteurs de la santé et ont besoin de professionnels bien formés pour les aider à jouer leur
rôle.
Publié dans : Actualités
Vendredi 30 mai 2008
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