Symptôme fréquent l’insomnie touche 20 à 30 % de la population avec 15 à 20% d’insomnie modérée et 9 à
10% d’insomnie sévère. Signe de gravité, près de 10% de la population consomme régulièrement un anxiolytique ou un hypnotique. Les femmes sont deux fois plus touchées par l’insomnie que
l’homme.
L’anxiété, sous toutes ses formes est une grande pourvoyeuse d’insomnie. De l’anxiété généralisée qui perturbe le sommeil à tout moment de la nuit, en
passant par les TOC (troubles obsessifs compulsifs) ou les phobies, l’anxiété est très éveillante et donc insomniante. Elle provoque le plus souvent des difficultés d’endormissement liée à des
pensées récurrentes, des idées qui s’imposent, des préoccupations obsédantes. Les angoisses qui surviennent le plus souvent vers 3 ou 4 heures du matin ou en fin de nuit, sont plus souvent liées
à une période de stress mal supportée et dont le risque est d’évoluer vers une dépression si une solution n’est pas trouvée.
La dépression, est l’autre cause fréquente d’insomnie. Elle explique, avec l’anxiété, près de 50% des d’insomnie. Il s’agit le plus souvent d’une insomnie de
seconde partie de nuit, avec sensation d’un réveil précoce ou d’un sommeil très morcelé en fin de nuit. Le début de cette insomnie est soit progressif, soit au contraire brutal après plusieurs
nuits « d’insomnie totale » où la personne dit ne pas avoir fermé l’œil de la nuit. Dans ce dernier cas les patients peuvent même préciser la date du début de leur insomnie, au jour près. Ce
début brutal fait généralement suite à des événements traumatisants : deuil, perte d’emploi, maladie…Cette insomnie est très trompeuse car au début le seul symptôme reconnu par le patient est le
trouble du sommeil. Il faut rechercher des signes subtils de dépression : irritabilité et agressivité, repli sur soi, ralentissement, goût à rien, obligation de se forcer pour faire la moindre
chose, y compris les activités habituellement investies avec plaisir. Le patient vit à l’économie. Il fait face à ses obligations de travail et de vie familiale, mais s’écroule littéralement le
week-end où il prolonge souvent son sommeil, et fait la sieste. Si on lui demande s’il est déprimé, la réponse est rarement positive. Lorsque le symptôme n’est pas identifié comme signe de
dépression et que l’on traite symptomatiquement l’insomnie par des hypnotiques ou des anxiolytiques, la dépression peut s’aggraver. Le tableau clinique devient alors évident. Il est important de
s’alerter devant les premiers de cette insomnie particulière, car plus le diagnostic est posé rapidement, plus la mise en route d’un traitement adapté a de chances d’apporter une
amélioration.
Moins bien connue, l’insomnie psychophysiologique est en cause dans 15 à 20 % des insomnies. Il s’agit d’une insomnie « conditionnée », c’est-à-dire qui
s’est créée à partir d’une expérience initiale d’insomnie suivi par la peur de ne pas dormir. Le début de l’insomnie est liée à une cause habituellement clairement identifiée mais d’origine est
très variée, telle qu’une insomnie qui apparait en raison de douleurs importantes, ou au cours d’une dépression, ou bien encore après la naissance d’un enfant. La répétition des nuits d’insomnie
fait qu’au bout d’un certain temps une angoisse liée au sommeil apparait. La personne est persuadée qu’elle ne va pas dormir, que son insomnie va recommencer, avec toutes les conséquences
désastreuses qu’elle anticipe sur la qualité de sa journée le lendemain. Il s’agit essentiellement d’une insomnie d’endormissement. Elle est associée à des comportements qui aggravent l’insomnie.
Le plus fréquent est de rester trop longtemps au lit. Il n’est pas rare de voir un insomniaque passer 12 heures au lit pour un temps de sommeil déclaré de 5 heures. Cette situation le conforte
dans l’idée qu’ il est vraiment incapable de dormir. Lorsque la soirée commence l’angoisse et la tension monte avec la conviction que la nuit qui va suivre va être comme d’habitude épouvantable.
Ainsi se crée un véritable cercle vicieux, plus l’insomniaque cherche à dormir moins il le peut, alors que la cause initiale de son insomnie a disparu.
Certaines maladies interfèrent avec le sommeil dans le sens où elles gênent son installation ou son maintien. Ainsi une hyperthyroïdie peut augmenter
les systèmes d’éveil de telle manière que le sommeil aura du mal à s’installer. Un asthme dont les crises surviennent la nuit entraine une oppression respiratoire et des quintes de toux
nocturnes qui gêne l’endormissement ou qui réveille au cours de la nuit. De même pour un reflux gastro-oesophagien qui se traduit par des régurgitations de liquide gastrique dans la
bouche.
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Jeudi 1 mai 2008
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10:12
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Il n’y a pas de somnifère idéal et tous les médicaments ont des inconvénients lorsqu’ils sont utilisés sur
de longue durée.
Les benzodiazépines ou les molécules apparentées que sont la zopiclone ou le zolpidem sont les produits les plus prescrits. Viennent ensuite des
phénothiazines anti-histaminiques, simple ou en association. Chaque personne réagit différemment à tel ou tel produit, et il est impossible sans essai préalable de savoir quel médicament sera
efficace et confortable pour une personne donnée.
Les somnifères sont d’excellents produits s’ils sont bien utilisés mais il faut éviter l’accoutumance. C’est
pourquoi il faut en limiter l’usage dans le temps, soit sur une courte période de 15 jours à 3 semaines, soit en discontinue 2 à 3 fois par semaine en fonction des moments repérés comme
favorisant l’insomnie (par exemple l’insomnie du dimanche soir, ou celle qui précède ou suit une journée riche en stress…).
Les indications de choix sont les insomnies occasionnelles ou transitoires mais ce ne sont pas celles-ci
qui posent problèmes. Ce sont les autres, celles qui vont durer des mois, parfois des années pour les quelles la question se pose. On peut identifier plusieurs circonstances où l’hypnotique a un
intérêt pour passer un cap difficile. Ce sont les situations d’urgence ou lorsque la situation de vie est particulièrement intolérable. De même lorsque l’anxiété est importante. L’anxiété est par
essence un équivalent d’éveil. Tant que l’anxiété est présente, la personne ne peut pas dormir. L’anxiété peut s’intégrer dans un contexte pathologique particulier : personnalité phobique,
borderline, psychotique, ou bien une dépression anxieuse et agitée. Nous ne sommes plus alors dans le cadre d’une insomnie simple mais dans celui d’une insomnie psychiatrique. En cas d’angoisses
massives déstructurantes, d’autres produits comme les neuroleptiques sédatifs auront un intérêt.
Les antidépresseurs sont également efficace dans l’insomnie. Les doses efficaces sont bien moindres que
celles utilisées dans la dépression. De plus en plus prescrits dans cette indication, ils diminuent la latence du sommeil et augmente la continuité du sommeil, et parfois, augmentent le sommeil
profond. Ils peuvent aussi avoir des inconvénients, surtout en début de traitement en entrainant une somnolence diurne, mais celle-ci est habituellement transitoire. Lesantidépresseurs sérotoninergique sont à éviter chez la femme
enceinte.
La mélatonine n’a pas d’indication dans l’insomnie banale, sauf quand il existe des troubles du rythme
veille sommeil associés, ou chez les personnes âgées pour lesquelles les rythmes sont souvent mal structurés.
En ce qui concerne la phytothérapie, seule la valériane a été étudiée et a montré son efficacité sur
la continuité du sommeil et l’augmentation du sommeil profond.
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Jeudi 1 mai 2008
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Respecter son rythme (du soir, du matin)
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Éviter les repas copieux et l’alcool au dîner
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Éviter de pratiquer un sport après 18 heures (ou attendre suffisamment pour se coucher)
-
Favoriser toute activité relaxante le soir
-
Pas de télévision dans la chambre, ni d'appareils électroniques (ordinateur, téléphone portable, jeux
vidéo...)
-
Intérêt d'un bain ou d'une douche: un bain chaud pris 2 heures avant le coucher peut aider à la détente le soir
et favoriser le sommeil mais peut aussi avoir l’effet inverse en effaçant la fatigue… En cas de sensation de chaleur, une douche peut aider à l'endormissement.
-
Ne se coucher que si l’on a sommeil
-
Dormir dans une chambre aérée (température entre 18 et 22 degrés)
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Maintenir des horaires de lever réguliers
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Éviter les excitants, café, thé, vitamine C, sodas enrichis en caféïne ou en cola
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Jeudi 1 mai 2008
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09:56
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La prise en charge non médicamenteuse de l’insomnie fait appel à des techniques comportementales et cognitives qui
sont proposées soit dans une approche individuelle, soit, de plus en plus, quand c’est possible, en groupe, sous forme d’un programme pré-établi.
Préparer son sommeil
-
Éviter toutes activités éveillantes le soir
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Organiser une période d’activité calme avant le coucher
-
N’aller se coucher que lorsque l’on a sommeil
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Respecter ses rituels du sommeil
Ne se coucher que pour dormir
Si on ne dort pas
-
Se lever et faire autre chose si on se réveille en cours de nuit
-
Se recoucher dès qu’on ressent à nouveau l’envie de dormi
-
Se lever définitivement le matin dès qu’on a l’impression de ne plus dormir
Dans la journée ne pas faire de sieste de plus de 20 minutes
Pour augmenter la pression de sommeil et favoriser un sommeil continu, la technique de restriction du temps
passé au lit donne de bons résultats. L’insomniaque passe beaucoup trop de temps au lit. Il a pris toute une série d’habitudes, qui au lieu de l’aider, ne font qu’entretenir son
insomnie.La technique consiste donc à réduire le temps passé au lit pour le faire coïncider le plus possible avec le temps de sommeil que la personne
déclare dormir.
Une manière assez simple et efficace de le faire est de limiter le temps passé au lit à 6 heures par nuit. Les horaires de sommeil sont à définir en fonction de ses habitudes (23h- 5h ou
24h-6h…ou tout autre combinaison).
L’important est de tenir ces horaires pendant suffisamment de jours pour
que la privation de sommeil (partielle) permettent de mobiliser les facteurs de sommeil endogènes (il faut en général de 3 à 6 semaines pour ressentir une amélioration). Respecter les horaires
d’une manière scrupuleuse est très important pour que ça marche. Le pire est de le faire par intermittence, car la personne à l’impression de faire des efforts monstrueux alors que les effets
positifs ne se font pas sentir, ce qui est très décourageant.
Dès que la personne reprend confiance dans son sommeil, elle va se coucher en n’ayant plus la peur de ne pas dormir. C’est le début du cercle vertueux qui aidera l’insomniaque à
dédramatiser et sortir de l’insomnie.
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Jeudi 1 mai 2008
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Plus fréquent chez l’homme que la femme avant la ménopause, il touche 5 à 7 % de la population générale, et 15% des personnes de 70 ans et plus. Une obésité, ou tout au moins un surpoids
sont fréquemment associés.
Un ronflement est souvent présent. Parfois le conjoint peut entendre des arrêts respiratoires qui l’inquiètent suivi d’une reprise bruyante de la respiration. Il existe une
fatigue importante le matin et dans la journée. La personne se plaint de gros troubles de la concentration et de la mémoire et parfois d’une somnolence gênante. Des petits signes
traduisent qu’elle dort la bouche ouverte : sécheresse de la bouche au réveil, tâches de salive sur l’oreiller. Des maux de tête dès le réveils sont souvent
associés.
Les apnées sont liées à un arrêt du passage de l’air au niveau des voies aériennes supérieures. Pour être pathologique, cette interruption du flux aérien doit être supérieure à 10
secondes. On parle de syndrome d’apnées quand la personne fait plus de 10 apnées ou hypopnées (l’air passe encore un peu) par heure. Le syndrome d’apnées est considéré comme sévère au dessus de
30 apnées ou hypopnées par heure.
Animation montrant le mécanisme par lequel l'apnée se forme, en particulier notez la bascule de la langue en arrière qui obstrue le fond du pharynx.
Dans la plupart des cas les apnées sont dites « obstructives » car elles
sont provoquées par un rétrécissement de voies aériennes supérieures qui se produit exclusivement au cours du sommeil. En effet le sommeil provoque un relâchement des tissus qui ont tendance
à s’affaisser, surtout au niveau de la langue et du fond de la gorge. Ce rétrécissement est largement favorisé par la prise de poids car la graisse se dépose également au niveau du pharynx et
infiltre la base de la langue. Une morphologie particulière est souvent retrouvée : menton en arrière, cou large et épais, ou bien au contraire un visage long et étroit. Il y a d’ailleurs un
facteur génétique qui explique les cas familiaux de syndrome d’apnées du sommeil.
Il existe des cas de syndrome d’apnées centrales, beaucoup plus rares que les
apnées obstructives et touchant des personnes qui, habituellement n’ont pas de surpoids. Ils se plaignent plus souvent d’insomnie et il faut rechercher des troubles métaboliques ou une
insuffisance cardiaque associée.
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Jeudi 1 mai 2008
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09:32
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Le syndrome d’apnées a des conséquences considérables sur la santé en tant que facteur de risque et de morbidité,
en particulier sur le plan cardio-vasculaire.
Ainsi 50% des sujets porteurs d’un syndrome d’apnées sont hypertendus. Une grande étude épidémiologique
dans le Wisconsin a montré que le risque d’une hypertension artérielle est multiplié par trois chez les personnes ayant un syndrome d’apnées du sommeil. Chez les coronariens, la prévalence
du syndrome d’apnées serait de 30% à 37% alors qu’elle est de 12% à 19% chez les sujets témoins.
Le risque de mortalité par cause cardiaque ou vasculaire chez les sujets porteurs d’un syndrome d’apnées
sévère non traité est multiplié par 3 par rapport aux témoins en bonne santé après prise en compte des autres facteurs de risque. Par ailleurs les épisodes apnéiques peuvent favoriser la survenue
d’épisodes ischémiques nocturnes (diminution de la vascularisation) et de troubles du rythme cardiaque dont on sait qu’ils surviennent plus fréquemment la nuit. Il est donc important de bien
dépister ces pathologies et de les traiter.
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Jeudi 1 mai 2008
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Perdre du poids, lorsqu’il est excessif serait le traitement idéal (mais pas toujours suffisant !).
N’empêche qu’il est toujours bon de perdre les kilos qu’on peut.
Il faut aussi supprimer l’alcool le soir et les sédatifs (en particulier des benzodiazépines et plus généralement, tous les somnifères), substances qui
augmentent considérablement les apnées au cours du sommeil et enfin, éviter le tabac qui augmente l’inflammation des voies aériennes supérieures.
Les traitements des apnées du sommeil sont tous des traitements « mécaniques ». Il n’y a malheureusement pas de médicaments qui marchent vraiment, bien que
certains antidépresseurs sérotoninergiques puissent apporter une amélioration. Une précaution au préalable est tout à fait importante. Il faut d’abord s’assurer que le nez, organe primordial de
la respiration, laisse passer l’air librement. Le nez bouché contribue à aggraver des apnées du sommeil et pose problème pour mettre en place les traitements possibles. En cas d’obstruction il
faudra consulter un otorhinolaryngologiste pour corriger ces anomalies. Il proposera un traitement médicamenteux ou chirurgical (ablation de polypes nasaux, redressement de la cloison nasale…).
Une fois cette précaution prise, le traitement des apnées proprement dites peut commencer.
Le traitement de référence est un traitement par ventilation nocturne. On utilise un petit compresseur qui envoie de l’air sous pression au travers d’un
tuyau qui s’applique sur le nez grâce à un masque. On parle d’appareil à PPC (Pression Positive Continue) ou encore selon la terminologie anglo-saxonne, de CPAP (Continuous Positive Airway
Pressure) Les appareils depuis les années 80 ont évolué d’une manière considérable. De la taille d’une valise il y a 20 ans, ils se réduisent à un petit appareil de la taille d’une brique. Le
masque peut-être nasal, bucco-nasal (qui recouvre le nez et la bouche) ou narinaire (avec 2 petits adaptateurs qui s’appliquent sur les orifices narinaires). 80% des patients arrivent à s’adapter
à l’appareil et suivent leur traitement correctement. Pour les autres, c’est l’échec. Parfois c’est l’idée même de dormir avec un tel attirail qui les décourage ou décourage leur conjoint. Dans
d’autres cas, des problèmes mécaniques de fuite, d’irritation, de bruit, conduisent à l’arrêt du traitement.
D’autres alternatives thérapeutiques existent. L’orthèse buccale, appareil dentaire qui se met la nuit dans la bouche (comme les appareils dentaires des
enfants), et qui propulse la mandibule vers l’avant, a pour effet d’ouvrir l’orifice du pharynx. Ainsi l’air passe mieux. Fabriquée ou adaptée par un orthodontiste, il existe des prothèses et des
techniques très différentes. Toutes ne donnent pas de bons résultats. Ils sont meilleurs lorsque le syndrome d’apnée est modérée (inférieur ou égal à 30 apnées par heure) et qu’il n’y a pas
d’obésité. Il est par ailleurs nécessaire que l’état dentaire permette la mise en place d’un tel appareil qui exerce des pressions sur les dents. Il ne doit pas y avoir de maladie de
l’articulation temporo-mandibulaire, qui elle aussi, sera très sollicitée sur le plan mécanique.
Quand à la chirurgie, c’est une autre solution de recours possible. La chirurgie du voile du palais avait été présentée dans les années 80 comme la solution
aux apnées du sommeil. Avec le recul, nous savons que cette chirurgie qu’elle soit faite au bistouri, au laser ou par radiofréquence, peut soulager le ronflement (toujours appréciable pour le
conjoint !) mais n’améliore le syndrome d’apnées du sommeil que dans 40 à 50% des cas. Et encore, il faut voir trois ans plus tard, si les symptômes ne réapparaissent pas. D’autres chirurgies ont
été proposées : résection de la base de la langue, transposition de la mandibule. Ce sont des chirurgies plus lourdes, dont l’indication est de l’ordre du spécialiste, et réservées en cas d’échec
des autres thérapeutiques.
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Jeudi 1 mai 2008
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09:20
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Elle représente près de 20 % des causes d’insomnies. Deux types de symptômes sont associés : des impatiences
pénibles dans les jambes, le plus souvent au coucher, et des mouvements qui surviennent en plein sommeil.
Dans la soirée au repos, ou lors du coucher, la personne a des sensations parasites désagréables, à type de picotements, d’agacements, de brûlures ou d’« électricité », qui l’obligent à
bouger ses jambes, à se lever ou à marcher. Elle est soulagée par une série de petits « trucs » comme une douche fraîche, le passage d’un gant froid sur les jambes, le massage de la crête tibiale
ou des mollets, ou par la marche pieds nus sur un carrelage froid. Cette gêne et ce comportement entraînent le plus souvent une insomnie d’endormissement majeure, le même manège avec les mêmes
conséquences pouvant se reproduire une à plusieurs fois par nuit à l’occasion de réveils nocturnes. Il n’est pas rare que ces sensations touchent également les membres supérieurs.
Dans 80 % des cas, ces sensations sont associées à des mouvements périodiques nocturnes. Seule une personne dormant dans le même lit peut apporter son témoignage si les mouvements sont
suffisamment importants, car le dormeur n’en a pas conscience. Ce symptôme existe à tout âge, mais sa fréquence augmente considérablement au cours de la vie (on le retrouve chez 29 % des plus de
cinquante ans). Il se traduit par des secousses cloniques (brèves et involontaires), périodiques, qui touchent préférentiellement les jambes et réveillent parfois le dormeur (il s’agit alors de
micro-réveils visibles sur l’électro-encéphalogramme) et surtout le conjoint. Le mouvement minimum consiste en une flexion de l’orteil sur le pied. Il peut se compléter par la flexion du pied sur
la jambe, puis de la jambe sur la cuisse. Le mouvement touche un côté du corps ou les deux. Il peut être très violent. Ces secousses surviennent au rythme d’un mouvement toutes les vingt à
quarante secondes, par périodes de plusieurs minutes qui se renouvellent trois à quatre fois dans la nuit.Le matin, la personne se réveille fatiguée, sans savoir
pourquoi.
Les mécanismes de ce syndrome sont mal connus. Souvent qualifié de « mauvais état veineux», on sait maintenant qu’une mauvaise circulation est rarement en cause, bien qu’elle puisse exacerber
les symptômes.
L’origine est plutôt neurologique, avec des troubles de la régulation du contrôle des neurones moteurs dans laquelle un neuromédiateur, la dopamine, est
impliqué. Le fer agit avec ce neuromédiateur comme cofacteur dans la transmission nerveuse. Cela explique pourquoi on recherche toujours des anomalies du fer et surtout de la ferritine (le
transporteur du fer). Il y a souvent un déficit soit du fer, soit de la ferritine, soit des deux, qui nécessite un traitement par apport de fer dans l’alimentation, avec l’espoir que la
personne le fixe correctement. Sinon, les traitements viseront à apporter directement de la dopamine via des précurseurs ou des agonistes (substances analogues). Dans ce type de troubles, les
hypnotiques n’améliorent pas vraiment le sommeil; certains myorelaxants sont plus efficaces.
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Jeudi 1 mai 2008
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La narcolepsie est une maladie qui, dans sa forme complète, associe plusieurs symptômes.
La personne se plaint d’une somnolence contre laquelle elle lutte avec difficulté et pouvant la conduire à des endormissements inopinés.
Les siestes – il y en a souvent plusieurs par jour – sont très récupératrices. Le sommeil de nuit est habituellement de mauvaise qualité, fractionné par
des réveils fréquents, habité de rêves trop riches et trop présents.
Lors des transitions entre l’éveil et le sommeil, des hallucinations visuelles ou auditives, ou encore de fausses perceptions très désagréables et
troublantes peuvent advenir – on parle d’hallucinations « hypnagogiques » ou « hypnopompiques ». Des paralysies du sommeil se manifestent parfois, caractérisées, lors d’un réveil, par la
sensation pénible et très angoissante de ne pouvoir ni parler ni bouger ; elles durent de quelques secondes à plusieurs minutes.
Dans la journée, un symptôme tout à fait caractéristique peut survenir : un accès de cataplexie au rire, mais aussi la surprise, la colère ou la
peur. Il se traduit par une chute brutale du tonus musculaire. Il peut toucher une partie du corps – tête qui tombe, main qui lâche un objet… – ou concerner l’ensemble des muscles – et c’est la
chute assurée. Il est déclenché par les émotions, en particulier le rire.
Cette maladie se déclenche le plus souvent à l’adolescence. Tous les signes ne sont pas obligatoirement présents
et le diagnostic est confirmé par des examens pratiqués dans un laboratoire spécialisé, avec un enregistrement du sommeil de nuit et des tests d’endormissement réalisés au cours de la
journée.
Il existe une composante génétique : 98 % des personnes qui ont une narcolepsie ont un groupage HLA (système de marqueurs immunitaires) spécifique. Au
cours de ces dernières années, on a pu montrer que 90 % des personnes atteintes de narcolepsie ont une absence d’une protéine, l’hypocrétine (ou orexine), dans le liquide
céphalo-rachidien. Cette protéine aux propriétés éveillantes est normalement secrétée par une minuscule zone du cerveau qui, chez le narcoleptique, serait détruite par un mécanisme
auto-immunitaire (c’est-à-dire par une réaction des cellules immunitaires de la personne elle-même).
Le traitement de la narcolepsie consiste tout d’abord à apprendre à contrôler ses émotions et à s’organiser pour pouvoir faire une à plusieurs
siestes à des moments stratégiques de la journée. Lorsqu’on travaille, cela n’est pas toujours facile ; néanmoins, le fait d’expliquer son symptôme dans son milieu professionnel permet de
dédramatiser la situation et d’expliquer ce qui se passe. La personne n’est alors plus considérée par les autres comme indifférente à son travail, mais comme quelqu’un qui a une particularité
(voire un véritable handicap) et que l’on peut aider. Ces mesures de bon sens ne sont pas toujours suffisantes et des médicaments existent. Des stimulants de la vigilance sont utilisés
pour lutter contre la somnolence et certains antidépresseurs donnent de bons résultats pour contrer les accès de cataplexie.
D’autres hypersomnies existent. Elles accompagnent certaines formes de dépression. L’hypersomnie est alors souvent fluctuante, avec des périodes où elle est très
marquée entrecoupées de périodes de normalisation. Ces épisodes de somnolence sont souvent très résistants aux traitements, améliorés partiellement par les antidépresseurs et par les stimulants
de la vigilance. La photothérapie et l’exercice physique sont des traitements adjuvants intéressants.
Une autre maladie est à rechercher : l’hypersomnie idiopathique, qui se traduit par un réveil difficile le matin (on parle d’ivresse du sommeil) et la
sensation d’avoir toujours sommeil. Les siestes, souvent longues, n’apportent pas la sensation d’être restauré, avec parfois même l’impression que plus on dort, plus on a sommeil. Cette
hypersomnie est souvent familiale, sans pour autant qu’on ait pu mettre en évidence une transmission génétique. Curieusement, chez ces personnes, alors que le sommeil est vécu comme non
récupérateur, le sommeil lent profond est souvent augmenté. Tout comme pour la narcolepsie, il existe des médicaments améliorant la vigilance et permettant en général à la personne de trouver
un confort suffisant pour fonctionner dans la journée. Mais ils n’agissent que sur le symptôme, pas sur la cause. Dans certains cas, malgré le traitement, cette somnolence reste très
invalidante
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Jeudi 1 mai 2008
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Pour la plupart des gens, dormir la nuit paraît évident. Pourtant, pour que le sommeil se cale entre 22 h et 8 h, notre organisme doit répondre à un certain nombre de mécanismes complexes de
synchronisation sur notre environnement. Dans certains cas, le sommeil reste normalement structuré, mais décalé, comme si la personne n’obéissait plus aux synchroniseurs externes (lumière,
activité physique et sociale).
Parmi les anomalies du rythme veille-sommeil, le syndrome de retard de phase est le plus fréquent (il
concerne 10 % des insomnies). Jusqu’à ces dernières années, il touchait essentiellement l’adolescent ou l’adulte jeune, mais, en consultation, on voit de plus en plus de personnes atteintes
de ce syndrome et qui sont plus âgées ; souvent, elles vivent seules, sont en arrêt de travail ou à la retraite.
La personne ayant un syndrome de retard de phase du sommeil se plaint de difficultés d’endormissement
lorsqu’elle tente de s’imposer un horaire normal de coucher et décrit une extrême difficulté à maintenir un horaire normal de lever. L’endormissement est tardif, au-delà d’une heure du
matin, associé à un réveil tardif, parfois en début d’après-midi. Ce syndrome a donc un fort retentissement sur la vie scolaire ou professionnelle. En fait, la personne présente un décalage
entre son système circadien et les horaires de sommeil souhaités. En revanche, quand elle est en vacances ou dans des circonstances lui permettant d’être libre avec ses horaires et d’avoir
la possibilité de se coucher et de se lever plus tard, elle n’a pas de difficultés pour s’endormir, le maintien du sommeil est correct et elle est en forme le jour suivant. C’est donc la
notion même de contrainte vis-à-vis d’un coucher et d’un lever précoce qui entraîne l’expression de ce trouble, avec des conséquences en termes de fonctionnement social, de vitalité ou de
retentissement physique.
Les causes sont à la fois comportementales et biologiques. Il s’agit de sujets ayant une constitution de
couche-tard/lève-tard et dont l’horloge interne a tendance à ne pas être synchronisée par les synchroniseurs externes. Leur comportement, en particulier leur tendance à entreprendre des
activités tard le soir, ne fait que renforcer leurs difficultés. Les émissions de télévision tardives, les jeux sur ordinateur ou sur console, les surfs et chats sur Internet contribuent
largement au décalage, d’autant que les activités sur Internet allient une activité favorisant l’éveil à la stimulation due à la lumière délivrée par l’écran de l’ordinateur, ce qui
contribue à décaler l’horloge biologique. L’enquête sur le sommeil de l’adolescent de quinze à dix-neuf ans réalisée en février 2005 par la SOFRES-ISV montre combien cette composante
comportementale est importante chez les adolescents. Elle nous apprend que 23 % d’entre eux se couchent après 23 h en semaine et 37 % après minuit le week-end, 19 % des jeunes interrogés ne
se levant qu’à midi, voire plus tard le week-end.
Certaines populations sont plus à risque que d’autres : le fait de vivre seul, sans contrainte, en l’absence
d’activité professionnelle, d’être malvoyant, d’avoir des troubles de la personnalité associés constituent autant de facteurs favorisant le décalage. Lorsque ce dernier est permanent et que
la personne n’arrive vraiment plus à se lever le matin, même pour faire face à des obligations importantes, une dépression est constatée dans les deux tiers des cas.
Publié dans : Pathologies
Mercredi 30 avril 2008
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